Inclus incluse : guide pratique pour réussir tous vos accords en 2026

L’accord du participe passé avec « avoir » reste l’une des difficultés les plus documentées du français écrit. En 2026, le sujet connaît un double mouvement : d’un côté, une réforme portée par des linguistes qui simplifie les règles traditionnelles, de l’autre, un durcissement des exigences orthographiques dans les examens nationaux. Comprendre où en sont réellement les normes, les outils et les attentes institutionnelles permet de savoir quelles règles appliquer, et lesquelles sont en train de changer.

Réforme de l’accord du participe passé : ce que les outils de référence intègrent en 2026

La réforme de l’accord du participe passé, discutée depuis plusieurs années dans les milieux linguistiques francophones, repose sur une simplification radicale. Elle généralise deux principes : le participe passé employé avec « être » s’accorde toujours avec le sujet, et le participe passé employé avec « avoir » reste invariable dans tous les cas.

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Plus d’exceptions. Plus de recherche du complément d’objet direct placé avant le verbe. Plus de distinction entre « les fleurs que j’ai cueillies » et « les fleurs que j’ai cueilli ».

Ce qui change concrètement en 2026, c’est l’intégration de cette réforme dans les ouvrages de référence. La nouvelle édition 2026 du Bescherelle – L’Art de conjuguer signale systématiquement les cas où la réforme s’applique. Le dictionnaire Usito, utilisé notamment au Québec, mentionne désormais les règles réformées dans ses aides à la rédaction, avec des exemples selon la norme traditionnelle et selon la norme simplifiée.

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Femme professionnelle révisant un guide d'accord grammatical et de langage inclusif à son bureau

En revanche, cette réforme n’a pas de valeur réglementaire en France à ce stade. L’Association québécoise des professeurs de français (AQPF) approuve ces recommandations, mais précise qu’aucun changement n’est accepté par le ministère de l’Éducation. La situation est donc celle d’un décalage : les outils avancent, les institutions ne suivent pas encore.

Baccalauréat 2026 et orthographe : des accords sanctionnés dans toutes les disciplines

Le ministère de l’Éducation nationale a pris une direction opposée à celle de la simplification. Dès la session 2026 du baccalauréat, l’orthographe, la syntaxe et la grammaire seront sanctionnées dans toutes les copies, quelle que soit la discipline. Les copies jugées incompréhensibles ne pourront plus obtenir la moyenne.

L’épreuve anticipée de français conserve un coefficient significatif, à l’écrit comme à l’oral. La maîtrise des accords (genre, nombre, participe passé) fait partie des critères évalués de manière transversale, y compris en histoire, en philosophie ou en sciences.

Pour les candidats au bac 2026, la règle traditionnelle reste la norme attendue. Accorder le participe passé avec « avoir » lorsque le COD est placé avant le verbe demeure obligatoire dans le cadre scolaire. Appliquer la réforme simplifiée dans une copie d’examen représente un risque réel de pénalité, puisqu’aucun texte officiel ne l’autorise dans ce contexte.

Ce que cela implique pour les accords au quotidien

La distinction entre « inclus » et « incluse » illustre bien cette tension. Selon la règle traditionnelle, on écrit « la TVA est incluse » (accord avec le sujet via « être ») et « je l’ai incluse dans le devis » (accord avec le COD « l’ » féminin, placé avant). La réforme simplifiée rendrait ce second cas invariable : « je l’ai inclus ».

Dans un contexte professionnel ou administratif, la norme traditionnelle reste la référence. Pour une facture, un contrat ou un courriel formel, l’accord de « inclus » et « incluse » suit encore la règle classique du participe passé.

Outils de correction en ligne : comment ils traitent les accords en 2026

Les correcteurs automatiques francophones ont progressé sur le traitement des accords complexes. BonPatron, analysé de manière indépendante en 2026, couvre désormais les accords de genre et de nombre avec une granularité plus fine qu’auparavant.

Plusieurs catégories d’outils coexistent :

  • Les correcteurs intégrés aux traitements de texte (Word, Google Docs), qui détectent les erreurs courantes mais peinent encore sur les accords de participes passés avec des pronoms relatifs éloignés du verbe
  • Les correcteurs spécialisés comme BonPatron ou le Projet Voltaire, qui proposent des explications grammaticales détaillées et distinguent les niveaux de difficulté
  • Les plateformes d’entraînement (Projet Voltaire, Orthodidacte) qui permettent de travailler spécifiquement les accords par exercices ciblés, avec justification de chaque réponse

Les retours terrain divergent sur la capacité de ces outils à gérer les cas limites. Un participe passé suivi d’un infinitif (« les personnes que j’ai vu partir » ou « vues partir ») reste mal traité par la plupart des correcteurs grand public. Aucun outil ne remplace une compréhension solide de la logique grammaticale derrière l’accord.

Deux collègues consultant un document partagé sur tablette dans un espace de coworking pour harmoniser leurs accords rédactionnels

Accord de « inclus » et « incluse » : les cas concrets qui posent problème

Le participe passé « inclus » (du verbe inclure) obéit aux mêmes règles que n’importe quel participe passé, mais sa forme féminine « incluse » et son pluriel « incluses » génèrent des hésitations fréquentes.

Trois situations reviennent régulièrement :

  • Après « être » : l’accord se fait avec le sujet. « La livraison est incluse », « les frais sont inclus »
  • Après « avoir » avec COD avant le verbe : « la notice que nous avons incluse ». Le COD « que » (reprenant « la notice », féminin) commande l’accord
  • En position d’adjectif ou d’apposition : « TVA incluse », « frais de port inclus ». L’accord se fait avec le nom auquel le participe se rapporte

La confusion la plus fréquente concerne l’expression « ci-inclus ». Placée en début de phrase ou avant le nom, elle reste invariable : « Ci-inclus la facture ». Placée après le nom, elle s’accorde : « la facture ci-incluse ».

Faut-il adopter la réforme simplifiée dès maintenant ?

Les données disponibles ne permettent pas de trancher de manière définitive. Dans l’enseignement français, la règle traditionnelle reste exigée. Dans les communications internes d’entreprise, l’usage simplifié progresse sans que cela pose de problème. Pour les documents contractuels, juridiques ou administratifs, la norme traditionnelle protège contre toute ambiguïté d’interprétation.

Le Bescherelle 2026 offre désormais les deux lectures en parallèle, ce qui constitue une première étape vers une coexistence assumée des deux systèmes. Savoir appliquer la règle classique reste la compétence de base. Connaître la réforme permet d’anticiper l’évolution probable de la norme dans les années à venir, sans prendre de risque sur les accords qui comptent aujourd’hui.

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